Didier Houde

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1992. - Photographie représentant le chanteur Didier Houde, accompagné de Mara Tremblay, du groupe Les Maringouins, au violon, lors d’un spectacle hommage à la Bolduc au Musée de la Gaspésie.

En 1983, Didier Houde, accompagné du folkloriste Donald Deschênes, représente le Québec, Canada, au "Festival of American Folklife" de Washington. Selon la tradition familiale, il fait entre autre la rencontre d'une violoniste japonaise jouant des airs de La Bolduc, des pièces qui lui auraient été apprises par les Soeurs missionnaires du Christ-Roi de Gaspé. Lors de cet événement, Didier Houde se voit décerner un certificat du Smithsonian Institute en reconnaissance de sa contribution à la diffusion de la culture francophone.

Didier Houde, chanteur, est né le 27 août 1922 à Petite-Vallée.

Ses parents sont Octave Houde (Ludger, Flora Garneau), capitaine de goélette, et Mélida Lebreux (Didier, Aloïse Brousseau). Ils habitent d'abord sur la Longue-Pointe, tout près de la vieille forge de Petite-Vallée. Durant son enfance, Didier Houde côtoie son oncle et parrain Alfred "Freddy" Lebreux, le forgeron du village qui possédait un vaste répertoire de chansons et un grand talent de conteur. À son contact, il développe lui aussi un grand amour de la chanson et conserve précieusement dans sa mémoire ces airs du passé.

En 1938, Didier, jeune adolescent, s’installe avec ses parents, son frère et ses trois sœurs sur un lot de colonisation à Saint-Thomas-de-Cloridorme. Puis au fil des années, les enfants quittent la colonie. Ludger partira à la guerre et s’établira à Montréal par la suite. Flora et Marie-Claire se marieront et s’établiront à Petite-Vallée. Marie-Ange la cadette quittera pour Montréal. De son côté, après un séjour de quelques années à Montréal pour y travailler, Didier reviendra et épousera Georgette Déry de Pointe-à la Frégate en 1947. Ils vivent trois ans sur la colonie et partent s’établir à Gaspé en 1950 avec leurs deux premiers enfants. Ils auront neuf enfants.

La colonie se vide et ferme définitivement vers la fin des années 50. Les parents, Octave et Mélida Lebreux quittent pour Montréal et s’installent avec leur fille Marie-Ange. En 1969, celle-ci se marie et revient vivre en Gaspésie. Octave, devenu veuf ira vivre dans la famille de son fils Ludger.

Très impliqué sur le plan entrepreneurial, social, écologique et faunique à Gaspé durant le reste de sa vie, Didier aura quand même gardé et partagé son amour pour la chanson, les complaintes, les récits entendus dans sa jeunesse. Conscient de ce bien précieux, il aura continué à fredonner et puiser dans ses souvenirs, griffonnant ici et là des petits bouts de textes de chansons retouvés. Un mot, une rime, l’histoire de la chanson, la provenance, les circonstances de sa création. Chacune d’entre- elles recelant l’histoire de gens et d’événements. La vie, les joies, les célébrations, la politique, les misères, les tragédies, la résilience.

Il documenta et approvisionna en chansons plusieurs interprètes dont le folkloriste québécois Raoul Roy. Passé l’âge de 70 ans, à la demande de Madame Rachel Huard, il accepte d’enregistrer une partie de son répertoire a capella et ce, de mémoire plus souvent qu’autrement, malgré une voix un peu usée par la vie. Didier aura légué par ces enregistrements plus qu’une compilation mais une partie d’histoire chantée et racontée par les acteurs d’une autre époque.

Il aura bercé et endormi ses enfants, petits et arrières petits-enfants en chantant. Travaillé, voyagé, vécu en chantant. La demeure de Didier et Georgette fut un lieu de vie, d’accueil et de rassemblements où la musique et la chanson ont grandement été présentes. Plusieurs de ses descendants auront tôt fait bien entendu, de développer des habiletés et de l’intérêt pour les instruments de musique et la chanson traditionnelle, actuelle et de divers horizons.

Didier décède à 83 ans en 2005 et Georgette à 85 ans en 2010.

À noter que le bâtiment qui abritait autrefois la forge de Freddy Lebreux deviendra plus tard le premier Théâtre de la vieille forge et Lieu culturel bien établi du Festival en chanson de Petite-Vallée.

Fonds d'archives connexe:

Musée de la Gaspésie. P256 Fonds Didier Houde .

Pour en savoir plus:

Donald Deschênes, "M'en va t'a la fontaine, diguedon...", Revue d'histoire et de traditions populaires de la Gaspésie, 1976, no. 53, p. 48-49. Jean-Claude Lebreux, "Sur les traces des bâtisseurs, cent-cinquante printemps de souvenance", 145 pages.

Rachel Huard, "Le chant d'une époque: 100 chansons A capella", 31 pages.

Référence :

Musée de la Gaspésie. Fonds Musée de la Gaspésie. P1/7/2.

3 commentaires

Guy Trudel

Merci pour ce court récit plein de bonnes informations et merci monsieur Houde de nous transmettre ces tranches de vie riche en patrimoine !

Madeleine Coté

Je ne savais pas que Mr.Didier chantait mais je l,ai connu et il m’a montré la pêche a la truite a moucher ,un bon Monsieur,,,il avait un chalet au même endroit que nous ,,,,,,,,,,QUELLE PATIENCE ,,,,,,,,,,,,,,,!!!!!!!!!!!!!

Camille

Joie douce que lire ces lignes sur la vie humble, aimante et généreuse de mon grand-père Didier. Authenticité, talents et curiosité auront traversé les générations. Merci d’avoir été. De nous avoir transmis. Ce regard.

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